Budapest 2005

Nous allons rapidement vous expliquer en quoi consistait le projet que nous avons présenté à l’occasion de la dixième Expo-Sciences de Bulgarie : nous tentions d’expliquer comment la magie (ou du moins certains tours) peut être démontrée par la physique et la chimie.

Trois jours avant le départ en Hongrie, Nico, nous a lâchés. Antoine et Sébastian ont alors proposé à Astrid se joindre à moi pour représenter le projet. Comme certaines de nos expériences nécessitaient un diabolo j’ai dû patienter le mardi 30 mars avant de pouvoir aller l’acheter et reprendre l’apprentissage là où je l’avais laissé, il y’a dix mois, à Dresde.

Le mercredi 31, 19h45, deux heures avant le départ de l’avion, je rejoins Astrid et Sébastian dans le hall d’entrée de l’aérogare de Charleroi. Après quelques civilités, nous nous sommes dirigés vers la douane pour le contrôle des papiers et ensuite vers le détecteur de métaux. Sébastian a eu l’occasion de montrer ses jolies chaussettes à l’entourage car ses chaussures faisaient sonner le détecteur. De même que nos ceintures. La contrôleuse n’a pas eu l’air d’apprécier ma blague sur le fait que j’allais me retrouver en slip devant tout le monde… Une fois le piège du portique passé, nous avons eu droit à quelques remarques : « Ce Zippo® n’est pas accepté en cabine », « Vous ne pouvez laisser ce CD et ce mousqueton apparents », « Cette chaîne est trop longue, vous ne pouvez la prendre en cabine ». Sébastian a donc dû se séparer de son briquet et moi de ma chaîne ainsi que de mon sac qui allait servir de contenant pour ces deux articles hautement dangereux. Après presque une heure d’attente, quelques idées sur « Comment braquer un avion avec un chargeur de GSM, une équerre aristo et un bic », et quelques plaisanteries, nous avons enfin embarqué dans l’avion. Tout de suite le courant passa bien entre Astrid et moi, heureusement car sinon bonjour l’ambiance. Mon anglais n’étant pas fameux, je lui demandai la qualité du sien, elle me répondit qu’il était bon. Elle était bien en dessous de la vérité à vrai dire. Après 1h55 de vol (selon la précision d’Astrid) et encore quelques blagues, nous avons atterris à l’aéroport international de Budapest. Judith, la responsable des délégations étrangères, nous attendait avec la délégation des « Petits débrouillards de Belgique » qui étaient dans le même vol que nous.

Pendant le voyage, durant lequel je pestai contre la taille du minibus et de l’avion, Judith, le Big Boss comme on devait l’appeler, nous fit ses recommandations pour la fin de soirée et le lendemain matin.

Ensuite, Astrid et moi sommes montés dans notre chambre où nous avons fait plus ample connaissance autour de quelques sandwiches. Après, une fois rassasiés, nous sommes partis en quête d’un jeu de cartes. Profitant de cette excuse Astrid en a lié conversation avec un hongrois qui ne parlait que hongrois, et après avoir essayé l’Anglais, l’allemand, le français, l’espagnol et même le néerlandais, nous avons étés forcé d’accepter le fait que nous n’arriverions à rien. Nous avons donc continué notre périple en direction de la chambre des petites débrouillardes, Caro-Lynn, Maya et Asma. Comme elles n’avaient aucun jeu de cartes, nous nous sommes donc incrustés histoire de faire connaissance. Après avoir discuté une petite heure nous avons étés mis à la porte et sommes retournés dans notre chambre où nous avons continué à discuter. Le lendemain matin, après un petit déjeuner vite expédié, nous sommes partis pour un voyage de deux jours à destination du lac Balaton. Pendant la première partie du voyage Astrid fit la connaissance de la délégation espagnole et de la Bulgare en les personnes de Hristo et de Nuria. Arrivés à notre première escale, une ville au nom imprononçable construite sur quatre îles, nous avons pu nous dégourdir les jambes et échanger quelques Euros en Forints (1000HUF = €4.40). Nous avons ensuite visité la ville où, comme dans beaucoup de villes de cette contrée, étaient bons nombres d’églises. Nous en avons visité une dont je me demande toujours si le plafond était en relief où n’est qu’un trompe l’œil. L’eucharistie de cette église, de style baroque selon la guide, était superbement ouvragé et contenait quelques tiroirs et boîtiers secrets. En ressortant, la guide nous fit remarquer que toutes les rues étaient parallèles et que chaque pâté de maison forme un carré. Au milieu de la plupart de ces pâtés sont formées des cours très calmes où l’on est coupé de la rumeur de la ville alentour. Tout en continuant notre chemin, nous avons rencontré les ruines d’une église qui a été convertie en mosquée sous l’empire Ottomant puis détruite à sa chute. Quelques instants plus tard, nous sommes arrivés en face d’une stèle et d’une croix. Cette stèle a été érigée en mémoire des disparus de la révolution de 1956, et la croix faite à partir d’un arbre qui poussait là. A la fin de notre visite, nous avons goûté une spécialité locale : le Làngos, une sorte de beignet en forme de crêpe et épais d’un centimètre ou deux. Après cette découverte gastronomique, nous avons repris le car à destination de notre seconde escale. Nous sommes arrivés sur les bords du lac Balaton où nous avons pu admirer le panorama. Après un petit tour de quelques minutes nous sommes entrés dans un parc au devant duquel se situait une stèle à la mémoire d’un Indien (habitant de l’inde). Je ne sais plus ce que disais cette stèle mais je me souviens qu’elle était traduite en Sanskrit. Ensuite, durant notre traversée de ce parc j’ai pu noter qu’il y’avait un très grand nombre de petites bornes avec une date et un nom, marquant la visite d’un personnage de haut rang Indien… Durant cette petite promenade j’ai encore pu faire le pitre et essayé de faire rire les autres délégations. Comme je considérais mon anglais comme pratiquement inexistant, j’utilisais un autre langage universel, l’humour…

Nous avons repris le car pour monter sur une colline des environs où se situait une église à deux clochés, église que nous avions aperçue lors de notre précédente escale. En voyant le vide bordant l’église et son petit parc, je me suis porté volontaire pour les photos souvenirs. En chemin vers le car, je liais conversation avec la délégation française : Adrien et Adnane qui présentaient un projet sur les énergies renouvelables et qui, m’ont-ils expliqués, arrivaient a faire monter la température d’un litre d’eau a 40°c a l’aide d’une simple parabole recouverte d’aluminium et ce à l’intérieur. Arrivés au car, nous en avons profité pour faire la pause goûter et pour discuter un peu avec les espagnols, et ce grâce à Astrid car ils ne parlaient pas, ou peu, anglais.

Astrid et Caro-lynn avaient appris à Hristo, un bulgare, une phrase en français, phrase qui me tapa vite sur le système. « C’est tout ce que j’ai compris » nous répétait il à longueur de journée.

Nous sommes enfin partis vers notre destination finale de la journée. Une fois arrivés, j’eut la désagréable nouvelle que j’allais partager la chambre de deux parfaits inconnus, deux tchèques, qui parlaient un aussi bon anglais que moi… Vive la compréhension, après quelques essais infructueux, nous sommes passés aux mimes, beaucoup plus évocatifs… Durant la soirée nous avions à disposition plusieurs jeux, dont deux jeux de cartes ! Je décidai d’aller m’entraîner avant qu’il ne fasse trop noir. Après un petit échauffement, j’entamai des figures plus complexes. Je voyais mon public gonfler de minutes en minutes, chose assez perturbante quand vous vous rendez compte qu’il fait trop noir et que vous risquez de vous prendre le diabolo dans la tête. Ayant déjà expérimenté cela, je préférai tourner court et rentrer jouer. En me voyant entrer, Astrid me héla et me proposa de jouer aux cartes avec elle et un bulgare, Mario. La partie, très animée et remplie de fou rire donna le ton pour le reste du séjour : je me ferais passer pour un imbécile qui crie « Stupid » sur une voix de fausset, à longueur de temps.

Le lendemain matin nous sommes partis visiter le parc national qui englobait une bonne partie du lac et de ses environs. On nous a expliqué que le lac s’était formé dans le cratère d’un volcan et que les roches que nous voyions autour de nous étaient du basalte, une roche volcanique. Après nous avoir fait lécher une pierre rouge qui restait collée à la langue, nous sommes partis vers un petit village des environs, petit village typique de cette région. De ce village, nous sommes partis à pieds vers une plaine ou siègent d’innombrables rochers. La guide fit monter six personnes sur un rocher et les fit sauter, le rocher pencha ! Il est à peine posé sur le reste du bloc nous expliqua-t-elle, ensuite vint une explication très barbante dont je vous passe les détails.

Après ce petit village et ses pierres, nous sommes allés visiter une ferme qui élevait des animaux de la région : Chien, cochon, moutons, mouton-cochons (animal très bizarre et déroutant), bisons, et l’un de mes plus grands amis : l’âne. Nous eûmes encore droit à une spécialité locale, un petit pain au choux et un autre à la viande. Après un tour sur une bascule, tout le monde compris que j’étais le plus lourd : cinq personnes sur le coté opposé au mien pour arriver à me soulever. Je reconnais qu’ils n’avaient pas vraiment réfléchi car les plus lourds étaient près de l’axe, et les plus léger étaient assis symétriquement par rapport à moi… De retour à Budapest, nous sommes allés monter nos stands en vue de l’exposition du lendemain. Quand nos stands furent montés, nous sommes allés faire un tour de la ville en car. La personne qui servi de guide est le père de Big Boss et sa traductrice officielle Français-Anglais Astrid… Le tour en ville fut très intéressant, nous avons rencontré, selon moi, la statue de la liberté Hongroise, nous avons été visiter « Le château », une des plus anciennes parties de la ville. On nous expliqua que Budapest était en fait deux villes coupées par le Danube : Buda la riche et Peste la pauvre. Après être passés devant des monuments et autres constructions superbes, dont un château importé pierre par pierre de Transylvanie, nous sommes passés au Pizza Hut du coin et ensuite repartis vers l’hôtel. Notre soirée se déroula comme telle : un entraînement au diabolo totalement inutile car certaines jeunes personnes que je ne citerai pas s’acharnaient à me faire tout rater. Avec l’aide de Sebastian, je les attrapai et me dirigeai vers la poubelle, mais Asma nous coupa dans notre élan ce qui fit que nous les déposâmes seulement dans un pot de fleur sans fleur… Je passai au bar avec Astrid histoire de nous désaltérer, et là nous avons risqué la crise cardiaque : la boisson la plus chère revenait à €0,40.

Le lendemain matin, panne de réveil, Sébastion nous réveilla à 8h20. C’est donc avec la trace des draps et des oreillers encore incrustés sur le visage que je montai dans le car. Astrid me suivi de peu. Arrivés à l’expo certains terminèrent leurs montages et nous eûmes enfin droit à la séance d’ouverture. Après une journée à tourner en rond après avoir vu tous les projets, les juges sont passés nous voir et sont partis avant la fin de nos explications pourtant aisément compréhensibles du commun des mortels. A la séance de fermeture, Sébastian eut droit à un beau livre avec plein de photos sur la Hongrie et Astrid et moi à un joli certificat nous remerciant de notre participation aux 10ème ExpoScience Hongroises.

Pendant la soirée, une fête était organisée pour toutes les délégations. Astrid dansa et hurla comme jamais, jusqu’à en perdre la voix.

Le lendemain, jour de départ, nous avons été amenés au siège du Kossuth Club où nous devions attendre le départ de la navette qui nous conduirait à l’aéroport, aux environs de 17h. Le matin nous avons été promener le long du Danube. En passant sur l’un des ponts qui l’enjambait je dis : « Oh, on dirais mes baguettes de Diabolo » et là je ne vous dit pas comment je me suis senti bête, parce que c’étaient effectivement les miennes… Après un fou rire général, nous continuâmes notre balade en direction d’une chapelle construite dans une grotte, à même la roche. Suite à une pause obligatoire décrétée par la délégation italienne durant laquelle je ne pu m’empêcher de remettre Caro-Lynn dans un des pots de fleur si tentants, nous sommes repartis en direction du Kossuth Club pour permettre à la délégation espagnole de prendre son vol… Sebastian et Maya préférèrent dormir plutôt que de nous accompagner au centre ville pour trouver quelques souvenirs. Après quelques minutes de marche, marche que je guidais, on me disais déjà : « Regarde, un magasin de souvenir ». Mais je continuai en répétant qu’il y’en aurais beaucoup plus dans la plus vieille partie de la ville. Suite à quelques reproches comme quoi je connaissais pas la ville j’expliquai que dans tout pays catholique, l’église marquait le centre ville, ici, comme il y’en a un nombre assez élevé, nous devons regarder après la plus grande et la plus riche. Résultat : j’ai trouvé la rue marchande et même la place avec le marché… Après quelques emplettes, il fut l’heure de retourner pour prendre l’avion… Après les adieux déchirants avec Miss Big Boss, quelques petits problèmes avec la carte d’embarquement de Caro-lynn, un pot de miel cassé et un passage au détecteur de métaux, nous sommes enfin arrivés en zone internationale, un p’tit tour dans les boutiques histoire de ramener des produits locaux : Vodka du Danemark, Smarties des Pays-Bas, j’en passe et des meilleures… Ensuite, après un peu d’attente, pour ne pas changer, nous avons enfin pu monter dans l’avion et choisir nos places dans le fond… Après presque 2h15 de vol, quelques blagues et un sandwich, nous sommes arrivés sur le sol belge de Charleroi où nous n’avons plus eu qu’à attendre nos bagages…

Une fois sortis ce furent les adieux déchirants entre Asma, Maya, Caro-lynn, Astrid, Sebastian et moi tout en se promettant de se revoir…

Cédric Michaux, clown officiel de l’expo
Astrid Hayden, interprète officielle de l’expo